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Mudam Luxembourg & Université du Luxembourg

L'art aujourd'hui. Institutions et métiers.

Colloque organisé par l'Université du Luxembourg (Institut d'études romanes, médias et arts) & Luxembourg Art Week

Le Luxembourg peut se targuer d’une infrastructure culturelle sans commune mesure avec sa taille. Mais si le maillage des institutions à vocation locale, nationale ou internationale y est particulièrement dense, force est de constater que les besoins en compétences spécifiques pour irriguer ce réseau et exploiter tout son potentiel ont longtemps été sous-estimés.
En 2018, le lancement du Plan de développement culturel national, issu des premières Assises culturelles, a permis de faire émerger une volonté d’action coordonnée en matière de politiques culturelles. Entre autres priorités stratégiques, ce plan d’action reconnaît désormais l’éducation formelle et informelle aux arts et à la culture comme un élément incontournable des objectifs qu’il s’est fixés en termes d’accès à la culture et de professionnalisation du milieu. Témoignant de cette prise de conscience, les attentes en termes de formations adaptées se font plus concrètes, notamment envers l’enseignement supérieur.
Fondée en 2003, l’Université du Luxembourg a pour vocation de contribuer à l’évolution des pratiques et des débats culturels et artistiques à travers ses centres de recherche et les formations qu’elle dispense. D’ores et déjà, elle s’implique activement dans la vie culturelle et artistique du pays en participant à des initiatives ou projets culturels et en menant des collaborations académiques au niveau national et international. Mais quelles réponses peut-elle apporter dans la perspective d’une valorisation des métiers de la culture ? Quelles mesures concrètes en matière de formation académique, voire pratique, peut-elle mettre en œuvre, en concertation avec les ministères de tutelle et les acteurs sur le terrain ?
C’est de tels questionnements qu’est né le projet de ce colloque, qui réunira à la rentrée 2021 des figures éminentes des mondes culturel et académique. Il sera l’occasion d’aborder les métiers de la culture selon trois grands axes : programmation et communication ; initiation et médiation ; publics et ancrage territorial. Il va sans dire que ces pôles thématiques se chevauchent, tant la complexité des problématiques actuelles et futures oblige à penser de manière décloisonnée et transversale. Les débats s’attacheront à sonder les défis multiples qui attendent les institutions culturelles dans le monde d’aujourd’hui. Comment tirer profit de la montée en puissance du numérique ? Comment ancrer l’action institutionnelle dans des contextes de plus en plus instables ? Comment réagir aux attentes des nouveaux publics sans compromettre l’adhésion des publics traditionnels ? Comment maîtriser toutes les facettes de projets de plus en plus complexes ? Comment concilier les attentes politiques avec l’indépendance de la création ? Comment, enfin, cultiver l’esprit critique dans un contexte qui se veut souvent consensuel ? Pour répondre à ces questions, les décideurs et manageurs culturels de demain devront faire preuve de créativité. Mais plus encore, ils et elles devront avant tout disposer de solides compétences, seules aptes à leur permettre d’affronter les défis du nouveau monde de la culture qui se profile à l’horizon et d’inscrire leur action dans la pérennité. C’est en esquissant le champ des problèmes et des possibles que ces journées souhaitent apporter des réponses concrètes. 

Axe 1 : Programmation et communication
21.10.2021, 14:15 Mudam Luxembourg, Auditorium

Mots de bienvenue :
Georg Mein, doyen de la Faculté des lettres, des sciences humaines, des arts et des sciences de l’éducation, Université du Luxembourg
Alex Reding, CEO, Luxembourg Art Week
Suzanne Cotter, directrice, Mudam Luxembourg

Plus que jamais, les politiques d’exposition doivent faire face à des enjeux complexes et souvent contradictoires. D’une part, elles sont censées valider la pertinence ou l’intérêt des démarches artistiques qu’elles mettent en avant. D’autre part, elles se doivent de répondre aux attentes des publics, des politiques et des professionnels, dont dépendent leur succès, leur réputation et, bien souvent, leur financement. Le musée doit ainsi se porter garant de la continuité patrimoniale tout en faisant preuve de dynamisme et d’esprit d’innovation ; c’est un espace de convivialité en même temps qu’un lieu de représentation ; il doit promouvoir l’art le plus pointu de son temps tout en veillant à le rendre accessible au plus grand nombre. Face à ces multiples injonctions, les institutions redoublent d’efforts pour étoffer leur programmation culturelle et communiquer tous azimuts.
Mais à force d’être présentes sur tous les fronts, ne risquent-elles pas de perdre de vue leur raison d’être ? Comment concilier les différentes fonctions que le musée est appelé à remplir aujourd’hui ? Et quelles sont les compétences spécifiques que demande cette nouvelle situation ?

Modération : David Cascaro, directeur, Haute école des arts du Rhin

Intervenants :
• Pascal Gielen, sociologue, et Marlies de Munck, philosophe, Université d’Anvers • Fanny Gonella, directrice 49 Nord 6 Est – FRAC Lorraine, Metz
• Helen Legg, directrice, Tate Liverpool
• Suzanne Cotter, directrice, Mudam Luxembourg
• Christine Servais, professeure ordinaire, Département médias, culture et communication, Université de Liège

Axe 2 : Initiation et médiation
22.10.2021, 09:30 Université du Luxembourg

Mot de bienvenue : Claude Meisch, Ministre de l’Éducation nationale

Alors que les supports artistiques ne cessent de se diversifier se pose la question de la lecture de l’œuvre. Comment, en effet, appréhender une œuvre verbale, performée, immatérielle, numérique, multimodale ? Comment l’apprécier au sens critique ? Comment l’interpréter, à la lumière de quels critères, de quels contextes ? Face aux défis de la démocratisation et de l’accès à la culture, de quels outils faut-il doter les passeurs de culture pour favoriser le discours critique ?
Par ailleurs, la reconfiguration numérique de l’art exige à elle seule une véritable pédagogie. Comment en tenir compte dans le cadre de l’éducation artistique et culturelle ? Comment l’institution, au vu de sa vocation pédagogique, peut-elle accompagner cette éducation, plus particulièrement au niveau de la formation professionnelle ? Les activités pédagogiques (ateliers pratiques, rencontres avec les artistes, visites thématiques…), de plus en plus développées au sein des institutions, favorisent-elles vraiment une appréciation différentiée et innovante de l’art ?

Modération : David Cascaro, directeur, Haute école des arts du Rhin

Intervenants :
• Marie Christine Bordeaux, professeure en sciences de l’information et de la communication, Université Grenoble Alpes
• Nathalie Montoya, maître de conférences, Laboratoire de Changement Social, Université de Paris Diderot
• Michel Polfer, directeur du Musée National d’Histoire et d’Art, Luxembourg

La Konschthal Esch, nouveau centre d’art de la ville d’Esch-sur-Alzette, deuxième ville du pays et Capitale européenne de la culture en 2022, sera invitée à présenter son projet culturel le vendredi à l’heure de midi.

Axe 3 : Publics et ancrage territorial
22.10.2021 , 14:15 Université du Luxembourg

Mot de bienvenue : Sam Tanson, Ministre de la Culture

Chaque institution se doit de rencontrer son public. Mais comment définir ce public ? Qui comprend-il et qui en est exclu ? Par quels moyens (programmation, promotion, scénographie, médiation) le cibler et le fidéliser ? Ces questions renvoient en creux à l’ancrage territorial des institutions culturelles, qui s’inscrivent dans un contexte géographique, social et économique qu’elles ne peuvent plus se permettre de négliger. Mais si tout le monde est d’accord que l’institution doit s’ouvrir à la société, les avis sur ce que recouvre cette définition divergent. Le mécénat privé, les projets menés en coopération avec le secteur privé, les privatisations sont-elles compatibles avec les objectifs de démocratisation et les politiques budgétaires publiques ? Autrement dit, comment ancrer l’institution dans son environnement territorial sans trahir ses valeurs ? Comment susciter l’adhésion locale sans verser dans l’esprit de clocher ?
Depuis le succès retentissant du Guggenheim à Bilbao, les projets de redynamisation territoriale par le biais de l’art ou de la culture se multiplient. Mais sous quelles conditions l’institution peut-elle influer de manière positive sur l’environnement dans lequel elle s’implante ? La culture a-t-elle vocation à combler les manquements de la politique sociale ? Enfin, quelles sont les compétences particulières que demande la mise en œuvre de tels projets ?

Modération : David Cascaro, directeur, Haute école des arts du Rhin

Intervenants :
• Gaëlle Crenn, maître de conférence, Université de Lorraine
• Thomas Helie, maître de conférences en science politique, Université de Reims Champagne-Ardenne, Enseignant – chercheur et membre de l’équipe permanente du Centre de Recherche sur la Décentralisation Territoriale (CRDT)
• Christian Mosar, directeur, Konschthal Esch
• Chiara Parisi, directrice, Centre Pompidou-Metz
• Dominique Sagot-Duvauroux, économiste, spécialiste du marché de l’art, directeur de la SFR Confluences, Faculté de droit, d’économie et de gestion, Université d’Angers