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Rencontre avec Maria Lund pour sa première participation à Luxembourg Art Week

Nous avons posé quelques questions à Maria Lund, directrice de la galerie Maria Lund à Paris et exposante de la Main section. parcours, programmation de la galerie, participation à la foire, scène artistique bruxelloise et oeuvre phare exposée cette année sont à l'honneur dans cette interview.

La galerie et sa programmation

Comme beaucoup de galeristes, j'ai un parcours un peu atypique. J'ai obtenu mon diplôme de droit au Danemark, mon pays natal, dans l'intention d'étudier le droit d'auteur à Paris. A la place, j'ai commencé à travailler pour une galerie et plus tard pour une école dans le domaine de la communication visuelle. J'ai lancé la galerie en 1999 avec un galeriste danois comme associé – depuis 2004, je dirige la galerie à mon compte. J'ai toujours été passionnée par l'art et le « faire ». Je ne pouvais pas imaginer une vie sans. L'art amplifit la vie en vous défiant dans vos visions et vous fait ainsi voyager émotionnellement et intellectuellement… L'art vous donne un aperçu de tous les aspects de la vie humaine et des points de vue ; il vous connecte à d'autres personnes, périodes, cultures - pour faire court - à l'être.

Le programme de ma galerie est très varié en termes de types d'art que nous montrons. Je ne veux pas être enfermée ou limitée, et j'aime la variation. La profondeur, la qualité et l'originalité des réflexions et des idées et de la manière dont elles se matérialisent sont des critères essentiels. Ma galerie présente de l'art figuratif, abstrait et conceptuel – il peut être plutôt minimal ou plus baroque. J'attends des artistes avec qui je collabore qu'ils évoluent, se questionnent et « recherchent ». Je ne souhaite pas travailler avec des artistes qui finissent par se reproduire ou qui arrêtent de prendre des risques. Les artistes sont animés par une sorte de désir, et le désir nourrit aussi le travail du galeriste – c'est-à-dire le désir créé par les œuvres…

Je compare parfois la sélection des artistes à la façon dont nous nous faisons des amis. Il n'y a pas de règle. Il peut s'agir d'une œuvre que je rencontre, d'une œuvre dont quelqu'un me parle, d'une visite dans une académie d'art ou une école. Je vise des collaborations durables. C'est extrêmement intéressant et gratifiant de voir un artiste grandir et évoluer. D'une certaine manière, un bon galeriste peut être comparé à un jardinier qui a le sens des affaires.

Votre participation à la foire

C'est la première participation de ma galerie à Luxembourg Art Week. Nous sommes impatients de rencontrer nos collectionneurs luxembourgeois dans leur pays et espérons qu'un nouveau public appréciera la sélection d'artistes que nous présentons. Nous avons également été attirés par la bonne réputation de Luxembourg Art Week.

Les artistes présentés à la foire

Nous avons choisi de montrer cinq artistes très représentatifs de la variété du profil artistique de la galerie. Peter Martensen avec qui nous collaborons depuis 2000, est un artiste figuratif estimé à mi-carrière dont le travail peut être qualifié de «réalisme mental». Marlon Wobst est un jeune artiste figuratif au sens exquis de la couleur, dont les tapisseries et peintures en feutre reflètent sa capacité à observer la vie humaine contemporaine avec humour, poésie et exactitude à la fois. Les œuvres très sensuelles de Farida Le Suavé – sculpture et dessin – racontent des histoires intimes du corps humain et établissent des liens entre les cultures et les époques portées par diverses traditions ornementales. Les collages vibrants et jubilatoires et les œuvres textiles de Lyndi Sales expriment son désir d'aller au-delà et sa quête de visions nouvelles et élargies. Morten Søndergaard est un poète majeur qui étudie comment les mots, le sens, le son et la matérialité peuvent se mêler et déclencher de nouvelles formes de compréhension. Un exemple est sa « Pharmacie de mots », et un autre la sculpture en marbre « Rose is, Stein stela » - inspirée de la célèbre phrase de Gertrude Stein - « Rose is a rose is a rose ».

L'oeuvre phare sur votre stand

The Prayer est une peinture monumentale de Peter Martensen. La couleur et le motif transmettent un sentiment de beauté éternelle et de mélancolie - celui du coucher du soleil et de la fin d'une journée d'hiver, où l'herbe verte est visible sous la neige. Entre des troncs d'arbres nus, des hommes en robes blanches s'attardent ou errent ; un homme est allongé sur le sol. Au premier plan, un tronc d'arbre est cassé, peut-être frappé par la foudre. Le temps semble suspendu, les hommes en robes blanches – Peter Martensen les qualifie de « spécialistes » – semblent plongés dans leurs pensées, aucun d’eux ne communique avec les autres… Au début, cette scène peut sembler être un paysage romantique avec une palette subtile de teintes pastel. Mais à y regarder de plus près, il s'agit plutôt de l'expression de peurs, d'espoirs et de doutes inhérents à la relation entre l'Homme et la Nature, chacun pris au piège de ses propres pensées et l'hiver symbolisant la fin d'un cycle.

Peter Martensen, The Prayer**, huile sur toile, 160 x 200 cm, 2021