(capsules) est une série d’installations temporaires qui prennent place dans des vitrines inoccupées, faisant surgir des propositions artistiques au détour de la ville et ouvrant l’espace urbain à la création contemporaine 7j/7 et 24h/24.
(capsules) bénéficie du généreux soutien de la Ville de Luxembourg.
Avec le soutien de MG Hotels & ERCO
Lucas Castel
Pigeon Paradise, One Loft Race
Lieu
3, rue Louvigny
L-1946 Luxembourg
En novembre 2020 un nouveau record mondial a été atteint dans le milieu de la colombophilie. New Kim, un pigeon belge, a été acheté aux enchères pour la somme de 1,9 millions de dollars par un riche homme chinois au sein de la maison PIPA (Pigeon Paradise).
Lucas Castel a pu réaliser le portrait de cet oiseau. Cette première photographie a donné suite à tout un imaginaire que l’auteur a voulu confronter à une pratique s’étant développée dans les régions minières belges et françaises. Il y a découvert une organisation complexe mettant en lien des propriétaires de pigeons professionnel·le·s et amateur·ice·s qui entrainent leurs bêtes comme des sportifs de haut niveau. Depuis quelques décennies, la colombophilie s’est exportée au quatre coins du globe, elle est devenue un sport international et lucratif. Cet engouement pour le pigeon voyageur a fait naitre de nouvelles compétitions comme les One Loft Race qui font concourir un maximum de volatiles vers un point d’arrivée unique, à l’inverse des courses traditionnelles, où chaque oiseau rentrait chez lui. Le colombophile envoie un ou plusieurs jeunes pigeons dans un pays étranger. Les oiseaux vont alors y être acclimatés, nourris et entraînés pour participer à une série de courses de plusieurs centaines de kilomètres avec à la clef une reconnaissance et de très beaux prix.
Dans cette installation réalisée pour le parcours Art Au Centre, sept videos de lâchers d’oiseaux à travers le monde sont présentées à diffusées par des téléphones. Ces lâchers d’oiseaux font partie d’une collection d’une cinquantaine de videos amateurs. Les vidéos présentées dans cette installation ont été réalisées dans les pays suivants: Egypte, Etats-Unis, Royaumes-Unis, Pakistan, Belgique, Sénégal et Turquie. Certains des trophées présentés font partie de la collection personnelle de l’auteur glanées au cours de son travail, d’autres sont des emprunts à des colombophiles belges. Ils mettent en evidence l’oiseau dans un objet symbolisant la victoire, l’auteur questionne notre représentation de l’animal en extrayant le trophée de son contexte d’origine.
En questionnant ainsi l’évolution d’une pratique populaire et locale, Pigeon Paradise met en lumière notre rapport au vivant dans une société capitaliste et à l’ère Anthropocène. Pigeon Paradise rassemble une série de photographies que l’auteur a réalisées entre 2020 et 2025. Au cours de son travail, Lucas Castel a également collecté une cinquantaine de videos amateurs de lâchers d’oiseaux à travers le monde.
Biographie
Lucas Castel est un artiste belge basé à Bruxelles. Il explore la photographie, la vidéo et l’installation pour interroger, à travers une approche documentaire, la société et le monde dans lesquels il évolue. En 2015, au début de son cursus à l’école de photographie Le Septantecinq, il s’intéresse aux modes de production d’énergie et à l’impact de cette industrie sur le vivant. Son premier projet prend racine dans l’industrie minière allemande en expansion au cœur du bassin rhénan. Cette recherche se prolonge à travers plusieurs séries initiées dès 2017 — autour du nucléaire belge ou encore avec Deuxième saison, qui questionne la relance d’un site minier dans les montagnes pyrénéennes (Ariège, France). Plus récemment, avec Pigeon Paradise, Lucas Castel développe une réflexion autour d’une pratique populaire qui met en jeu la relation entre l’animal et l’humain. Il y interroge l’obsession contemporaine du contrôle sur le vivant, au cœur de l’ère anthropocène et l’évolution d’une sport local et amateur en business international. Pigeon Paradise a été remarqué au Musée de la Photographie à Charleroi lors du Prix National de la Photographie Ouverte en juin 2024. Ce prix a souligné un projet prometteur qui sera dévoilé au sein d’une livre photographique à l’automne 2026 avec Eriskay Connection.
Découvrez l’ART WALK en téléchargeant le plan ici.