Au-delà du mécénat : quand l'art et l'entreprise co-créent

11:00 - 12:00
En collaboration avec Charlotte in red asbl - En anglais

Lieu : Art Talk Area, Luxembourg Art Week
Langue :
Anglais

Intervenants :
Patrizia Luchetta,
fondatrice de l’association sans but lucratif Charlotte in red asbl
Itamar Gilboa,
Artiste plasticien, chercheur, militant
Tina Gillen,
Artiste visuelle et professeure, Académie Royale des Beaux-Arts d’Anvers

Un dialogue en devenir 

Les artistes et les entreprises peuvent-ils faire plus ensemble que d'échanger de la visibilité contre un financement ? Charlotte in red pose cette question à la Luxembourg Art Week à travers une table ronde réunissant deux artistes et un représentant d'entreprise, animée par Patrizia Luchetta. Cette discussion s’inscrit dans le cadre de « The Art of Change – Creatives (on the) Move », le projet phare de Charlotte in red. Lancé au Luxembourg en septembre 2025 avec un court métrage documentaire mettant en scène la danseuse Sylvia Camarda, la sculptrice et cinéaste Katarzyna Kot et l’auteure-compositrice-interprète Hembadoon, le projet voyage de ville en ville – la prochaine édition aura lieu à Lisbonne – en mettant à l’honneur des artistes féminines locales dont le travail contribue à la réalisation des Objectifs de développement durable. Chaque édition associe un documentaire en libre accès à une table ronde publique entre artistes et dirigeants d’entreprise.

Son principe est simple et exigeant : le changement durable se construit grâce à des écosystèmes, et non par des acteurs isolés. Les gouvernements, les entreprises, la société civile — et les artistes — détiennent chacun une partie de la réponse. La créativité est ce « ciment » sous-estimé qui fait évoluer les récits, forge des identités communes et inspire une appropriation collective du changement. Le projet positionne donc les artistes non pas comme des bénéficiaires de la générosité des entreprises, mais comme des partenaires à part entière dans la co-création de solutions. La Luxembourg Art Week est le lieu idéal pour tester ce postulat. Pendant quelques jours, artistes, galeries, collectionneurs, institutions et chefs d’entreprise se côtoient au même endroit. La table ronde les invite à passer du mécénat au partenariat : qu’exige une véritable co-création, où les intérêts convergent-ils, et que faut-il changer de part et d’autre pour que cela fonctionne ? « Charlotte in red » est une initiative à but non lucratif qui recense et met en relation des artistes femmes dont la pratique contribue au changement social et environnemental.


Biographies


Basée au Luxembourg, Patrizia Luchetta est une stratège forte de près de trois décennies d'expérience à la croisée des politiques publiques, du monde des a aires et du développement durable. Elle a dirigé l'élaboration et la mise en œuvre de la stratégie nationale luxembourgeoise dans le domaine des sciences de la vie et des technologies de la santé, avant de revenir au secteur privé, où elle accompagne aujourd'hui les entreprises dans la clarification de leur vision et le déploiement de démarches ESG et de durabilité porteuses de transformation. Depuis quinze ans, elle exerce également des mandats d'administratrice non exécutive au sein de sociétés cotées, d'institutions publiques et d'organisations sans but lucratif. Tout au long de son parcours, elle n'a cessé de concevoir et de porter des projets et des événements culturels, notamment « Dzigning the Timeline – Inclusive Design for the Elderly», présenté dans le cadre de la Biennale Design City LXBG 2016. Ces deux axes convergent aujourd'hui dans « Charlotte in red » et son initiative phare « The Art of Change – Creatives (on the) Move », qui réunit artistes, entreprises et institutionsautour de documentaires et de rencontres publiques pour élaborer ensemble des réponses centrées sur l'humain aux Objectifs de développement durable des Nations unies. Un aboutissement de ses engagements antérieurs et, à bien des égards, un héritage qui allie sa conviction en matière de durabilité à son attachement de longue date au monde de la création.

Itamar Gilboa est un artiste basé à Amsterdam dont le travail explore les points d'intersection entre l’art, la technologie, la science et l’environnement. À travers des recherches approfondies et la collecte de données, il crée des installations sculpturales immersives qui allient sensibilité poétique et réflexion fondée sur la recherche. Sa pratique transforme des données personnelles intimes en récits statistiques, invitant à la réflexion sur l’expérience humaine tant individuelle que collective. S'inspirant de son corps, de ses habitudes, de ses souvenirs et de ses migrations, Gilboa utilise le « moi » non pas comme un sujet à représenter, mais comme un vecteur à travers lequel il examine des questions sociales, politiques et éthiques plus larges. Cette approche introspective débouche naturellement sur l'activisme, car son travail cherche non seulement à refléter le monde,mais aussi à le confronter. À travers des installations qui remettent en cause les systèmes d'inégalité, de surconsommation et d'injustice, il utilise l'art comme catalyseur de prise de conscience et de changement. Son processus allie observation et intuition, en repérant des schémas et en distillant l’expérience vécue sous une forme sculpturale. À travers des matériaux fragiles, des répétitions monochromes et une esthétique clinique, il évoque les thèmes de la vulnérabilité, de l’excès et du contrôle. En révélant la sphère privée au sein des systèmes publics, l’œuvre de Gilboa invite à la réflexion sur nos rôles en tant que consommateurs, citoyens et acteurs des systèmes mondiaux. Son art n’apporte pas de réponses, mais ouvre un espace à la réflexion critique et à l’action éthique.

Tina Gillen est une artiste visuelle luxembourgeoise basée en Belgique. Depuis plus de vingt-cinq ans, elle développe une pratique de la peinture, du dessin et de l’installation qui explore les relations entre le paysage, l’architecture, l’espace et la perception. Son travail s’intéresse aux espaces de transition, où les frontières entre l’intérieur et l’extérieur, la présence et l’absence, la réalité et la projection deviennent poreuses. Ses œuvres ont été présentées dans de nombreuses institutions et expositions internationales, notamment au Pavillon du Luxembourg lors de la 59e Biennale de Venise, au M Leuven, au BOZAR à Bruxelles, au Mudam Luxembourg et à la Konschthal Esch. Enparallèle de sa pratique artistique, elle est professeure à l’Académie Royale des Beaux-Arts d’Anvers, où elle accompagne des étudiants en master dans le développement de leur recherche artistique. À travers son travail, Tina Gillen réfléchit à la manière dont notre environnement naturel, construit ou mental, façonne notre expérience du monde. Sans proposer de réponses directes, son œuvre ouvre un espace de réflexion sur les transformations de nos paysages, les mutations de la société contemporaine et notre manière d’habiter le monde.

Guest Speakers 2026
@ Itamar Gilboa - Freunde von Freunden